A l’aube d’un 3ème confinement, on ne peut que constater que le monde s’écroule. Tout ce qu’on essaie de faire tenir à tout pris ne demande qu’à être nettoyé au profit d’un renouveau. La vague arrive, elle vient écrémer et c’est douloureux! Oui c’est très douloureux de faire un deuil, de laisser partir ce qu’on aime, nos habitudes de vies, nos distractions et divertissements mais c’est encore plus douloureux de résister à ce qui est, de ne pas accepter le présent avec tout ce qu’il comporte et de forcer à tout prix un système qui montre ses failles et son agonie.

Je me baladais en ville récemment et voyant ce que j’avais devant mes yeux, je suis restée en choc… C’est ça la vie? franchement? c’est ce modèle là qu’on nous propose? Des personnes complètement engluées sous des émotions négatives, agressives, irrespectueuses, inconscientes… j’ai couru vite me réfugier chez moi me disant que soit je devais activement changer d’endroit soit participer à ce processus d’éveil. On en est arrivé à un point d’inconscience et de manque d’amour si grand car cette société de consommation nous a rendu profondément malade. Le covid n’est pas arrivé par hasard. Il est arrivé pour mettre fin à un monde qui ne fonctionne pas et qui demande à être terminé. Il est arrivé car le processus d’éveil est déjà enclenché dans beaucoup d’endroits du monde et une accélération va se produire. Elle est nécessaire! Qu’on se le dise, elle n’est pas agréable car à un certain niveau, elle nous fait miroir de qui nous sommes et ce n’est pas très beau à voir..Alors merci au covid, qui pris sous une bonne forme, nous demande de faire un travail intérieur profond. Le covid nous enferme chez nous pour qu’on se regarde à l’intérieur, qu’on observe nos comportements et qu’on comprenne comment on en est arrivés là! C’est le moment! La planète est polluée mais la première source de pollution est l’homme même. L’homme pollue son environnement avec ses émotions et son mental. Partout où il passe, il laisse derrière lui une empreinte carbone avec ses émotions négatives comme lorsqu’on voit la fumée noire derrière un avion. Il devient vital de faire ce travail d’éveil.

De l’ombre à la lumière

Vivre un processus d’éveil signifie passer de l’ombre à la lumière, de l’inconscience à la conscience. Cela signifie transmuter pour renaitre. Mais quelle est cette ombre que nous avons en nous? l’ombre par essence est ce que nous ne voyons pas mais qui est là, dormant et de temps en temps réveillée par une situation ou une personne qui va être un miroir de ce qui est caché en nous. La période que nous vivons est un miroir à l’échelle collective car ce virus est le fruit de notre système de pensée et de croyance qui va au-delà des religions, de la race, du pays. C’est un appel à retrouver notre vraie nature, à redécouvrir notre être et reconnecter avec la nature tant oubliée. Le travail qui nous attend est énorme car ne nous leurrons pas, il demande une grande remise question personnelle et une responsabilité dans nos choix et nos actions. Il ne passera pas par une aide gouvernementale. Le gouvernement n’a rien à voir dans ce processus d’éveil. Il doit venir d’un cri du coeur, un cri de souffrance de l’être qui n’en peut plus de subir ce système. Il doit venir d’un appel bien plus profond qui sait de manière intuitive qu’il n’y a pas que ça, que l’être humain est beaucoup plus que cette misère qu’on voit.

Nous sommes au bout de quelque chose et c’est normal de prendre du temps d’observation de nos comportements hérités de l’éducation et de la culture. Avant, le système était établit et on ne se posait pas toutes les questions qu’on se pose aujourd’hui. La vie s’étant accélérée, le nombre de burn out et dépressions augmentant, les choses ont commencés à bouger. Ce qui est intéressant à observer et à mon sens le premier signe d’éveil arrive quand on se pose la question : mais pourquoi devrais-je agir de cette manière, comme tout le monde? pourquoi devrais-je accepter ce modèle? …cela montre un refus d’ accepter ce qui est établit et aura comme conséquence le détachement face à ce modèle. La plupart des gens font tout pour s’adapter à ce modèle. Ils vont même détruire leur santé avec des pilules, drogues et autres pour tenir… Tenir oui car il faut produire sinon à quoi on sert dans ce monde si on ne produit rien? Tout est là, voilà le conditionnement, la destruction massive et l’inhumanité qu’on porte sur les épaules. Mais cette inhumanité est cachée sous une valorisation car on produit donc on est quelqu’un dans ce monde.

Mais que se passe t-il quand une cassure arrive? quand la cassure arrive, soit après un choc ou traumatisme qui empêchent un retour en arrière, on commence à voir la vie sous un nouveau jour, avec plus de conscience et de profondeur. L’expérience ayant parlée d’elle même a finalement ouvert notre coeur à plus de compréhension et de compassion. Mais il y a un hic.. ça ne marche pas avec les lois du monde. Notre coeur ouvert (et meurtri..) ne sert pas à grand chose pour produire. On commence alors à perdre pieds et à se détacher de la société. Cet éveil cause des problèmes.. on pense devenir fou, les autres commencent à être inquiets de ce changement et espèrent un retour au plus vite dans le moule. Qu’on se le dise, cet éveil n’a pas de retour. Lorsqu’il a eu lieu, il est là pour toujours. Cet éveil se vit seul et même si on commence à attirer des personnes qui sont comme nous, on se sent seul. C’est normal et il le faut. Cette fissure qui commence à grandir dans la “personne” que nous avons construite est une cassure de la carapace, de l’égo. C’est la cassure de la personne. On se sent cassé mais en réalité, on ne l’est pas. L’être qui est derrière ne sera jamais cassé. La personne oui. Tout l’éveil est là. Derrière la personne, on rencontre finalement l’être. C’est douloureux quand on se dit : après tout ce que j’ai fais, tout ce que j’ai construit… oui, tout peut s’écrouler du jour au lendemain. Les vagues de la vie viennent balayées la personne que nous pensions être pour nous réveiller, nous éveiller à quelque chose de plus grand. Il faut parfois un gros coup pour qu’on se rende compte que ce monde n’est pas solide, bien qu’à travers nos sens, tout parait solide.

Dissoudre la personne

Vivre un processus d’éveil, c’est dissoudre la personne que nous sommes.C’est mourir avant l’heure, pas une mort physique mais une mort psychologique : celle qui commente, argumente, explique, juge, réagit, se défend, attaque… Celle qui procure des émotions et qui créé du stress dans le corps. L’ego doit mourir à la lumière de la conscience, de la présence. Cette mort est douloureuse car elle est attachée à du conditionnement, des habitudes, des comportements, mais en réalité, quand on sent la vérité arriver, elle est tellement libératrice et porteuse de vie que cette douleur fond et se désagrège comme neige au soleil. Elle disparait pour de la légèreté et de la lumière. On sait qu’on est dans la vérité pas besoin d’explications ni de manuel car on sent un alignement profond avec la vie même! c’est une prise de conscience avec plus grand que soi. On retrouve la foi, on croit en la vie car finalement, on se rend compte qu’on est la vie! Fini la séparation, fini le déni, fini la lutte avec des choses qui n’en valent pas la peine, fini la complaisance, fini la fuite de qui nous sommes réellement. S’éveiller c’est simple! et pourtant, il suffit d’observer le monde, on comprend à quel point ça ne l’est pas quand on est inconscient, quand on est identifié à des croyances comme “c’est mon pays, c’est ma race, c’est ma religion”.. ego, ego, ego! l’ego se loge partout.

J’ai été pianiste d’opéra mais la vie m’a montré de manière très violente que ce n’était pas mon chemin. J’ai refusé d’accepter pendant de nombreuses années, j’ai lutté me disant je vais y arriver! Bien sur, j’ai progressé et j’ai vécu de magnifiques expériences avec cela mais rien à faire, ce n’était pas mon chemin et la vie se montre dure quand on ne l’écoute pas. Pourtant, elle nous veut que du bien. Elle nous parle! Elle nous dit si ça ne glisse pas, ce n’est pas pour toi. J’aimais ce que je faisais et après tout ce que j’avais construit et accompli, ça a été dur, violent de faire ce deuil. En réalité, tout passe par l’acceptation des choses. Imaginez si on acceptait toujours tout sans résistance… voilà ce que j’appelle l’éveil : Le renoncement de la personne… qui n’a rien à voir avec ne rien faire…à méditer